Trouble du goût et de l’odorat, manque d’appétit, nausée, autant de facteurs qui peuvent conduire tout droit à la dénutrition. Voici quelques conseils pratiques du Docteur Sami Antoun, Responsable du Comité de Liaison Alimentation Nutrition à l’Institut Gustave Roussy, pour continuer à s‘alimenter correctement pendant les traitements.

. Varier au maximum l’alimentation. La maladie induit de grandes fluctuations dans les envies. La famille, le conjoint, doivent absolument se déculpabiliser pour éviter de rajouter une tension supplémentaire, si les petits plats que le patient adorait avant le dégoûtent aujourd’hui. Il n’y a qu’un seul responsable : la tumeur. C’est elle qui inhibe le réflexe primitif de se nourrir. Il faut en même temps que le malade se contraigne un peu à participer aux repas familiaux, mais aussi qu’il écoute ses envies.

. Ecouter ses envies. Durant la maladie, nous ne sommes plus en phase de prévention, dans le manger sain, équilibré. Là, il faut manger, à tout prix, et particulièrement des protéines, pour ne pas perdre trop de poids, de muscle. Je dis souvent aux patients : si vous avez envie d’une barre de chocolat en pleine nuit, mangez-la ! Vous avez envie de charcuteries et de crème Chantilly : allez-y ! Tout ce qui apporte de l’énergie et des calories doit être absorbé pour lutter contre la dénutrition, à une exception près : les cancers du sein, durant et après lesquels la surcharge pondérale augmente le facteur de récidive.

. Privilégier les aliments froids, liquides et semi-liquides. Face au trouble du goût et de l’odorat, nous constatons au fil de nos consultations, qu’en période de chimiothérapie, les aliments les mieux tolérés sont ceux qui se mangent froids, notamment les protéines, car ils ne dégagent pas d’odeurs, donc ils passent mieux (jambon, omelettes froides, blancs de volaille…). C’est le cas aussi des crèmes glacées, des compotes… Par rapport aux désordres qui peuvent s’installer au niveau buccal, les aliments liquides ou semi-liquides sont là aussi ceux qui ont le plus de chances d’être absorbés.

. Garder le moment des repas en commun. Même si l’on ne mange pas ou peu, il est très important de participer à ce moment familial.

. Maintenir une activité physique. Le maintien d’une activité physique, même durant la maladie, est primordial : les fameuses trente minutes de marche par jour. Cela joue sur la faim, la nutrition, le maintien des muscles, et tout cela conduit à faire baisser l’impact des toxicités des traitements. De plus, dans l’optique où le cancer devient une maladie chronique, l’effort physique ‘peut rapporter gros’, car il permet aussi au patient de sortir de son statut de malade, de garder le moral.

Conseils recueillis par Aurélie Laglantine

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Commentaires : (5)

Portrait de pascale penelaud

Je ne mange rien pendant mes 4 jours d'hospitalisation, et lorsque je rentre chez moi, c'est tout le contraire... je fais partie des malades qui ont pris du poids plutot que le contraire.... 9 séances de chimio, et pas de perte de poids, car je suis gourmande et je pense que la cortisone que je prends à chaque cure, décuple cet appétit.... mais ce dont je voulais parler c'est de la nourriture à l'hopital... pour moi, à Paul Brousse, Paris, c'est intolérable, très mauvais, je sais que l'on est dans une ère économie économie, mais là c'est un vrai scandale.. venez messieurs et mesdames, les politiques déjeuner avec nous et vous verrez... commençons par là que diantre, un peu de couleurs sur nos murs, et une nourriture décente, je ne dis parle pas de chez "trois gros", mais décente, nous sommes des malades et souffrons déjà bien assez.... des sorbets par exemple c'estune chose que beaucoup de malade aimeraient à 4 heures, et bien nous avons du pain mouillé (car décongelé), un café immonde ou un thé encore pire, alors je ne prends rien..... monsieur giraudeau, vous qui avez mis le doigt sur tout ce qui blesse parlez en autour de vous, la nourriture rendrait un malade plus malade qu'il ne l'est .... merci

Portrait de bill

durant ma chimio j'ai continué a faire du velo entre deux sceances avec des difficultées de recuperation importantes mais j'ai tenu le coup a chaque fois 15 bornes je me suis mis minable cela ma permis d'avoir moins de nausées et je mangeais a peu pret correctement sauf bien sur les deux jours suivant les sceances ou la j'etait hs.Mais c'est pas evident de tenir ce pari sur la maladie et le traitement

Portrait de nathalion

mon mari pendant sa chimio mangeait des pâtes le soir avant la chimio et le soir après la chimio et il n'a jamais eu de vomissement, et pour le mauvais gout dans la bouche il suçait des pastilles vichy.

Portrait de fertiti

Moi aussi pendant mes traitements de chimio, j'avais une nette préférence pour le froid que le chaud à cause des odeurs. J'aimais le coca glacé, les desserts lactés, les yaourts, les entrées (crudités). Je crois qu'en période de traitement, il faut d'abord se faire plaisir dans l'alimentation. Le personnel soignant me disait même si vous ne manger pas beaucoup au cours du repas, manger toutes les deux heures, des choses-plaisir, ca a beaucoup d'influences au moral et ca permet de ne pas se dénutrir. Je buvais aussi beaucoup d'eau minérale, ce qui me permettait d'éliminer un peu, car dans ma chambre stérile d'hôpital, j'avais peu l'occasion de bouger. Lorsque je suis revenue chez moi, j'avais un peu plus d'appétit, le cadre de vie, retrouver son chez soi, ses proches "non masqués", bref un retour à la vie normale ou presque. J'ai toujours aimer marcher et chaque jour, ne serait-ce que cinq-dix minutes, prendre l'air, marcher à son rythme, c'est vrai que je ressentai que les muscles ont fondus par l'inactivité, et peu à peu le temps de marche augmente, ca fait plaisir à tous les points de vues.
Je n'ai pas eu beaucoup de nausées, car les anti-nauséeux me faisaient de l'effet. Les rares fois où j'en ai eu, je mangeai une pastille Vichy, et ca passait pour la journée.

Portrait de cerOnac

Pas toujours facile cette histoire de nourriture pendant les traitements... quelque soit le cancer... les nausées et autres vomissements dus aux chimios, les aphtes, l'absence de goût (voire de l'odorat) ou un goût désagréable en permanence, l'impossibilité pour certains de manger du solide, la liste est longue... On sait bien que ça n'aura qu'un temps et que tout rentrera dans l'ordre petit à petit, une fois que les produits seront éliminés de notre corps, mais en attendant, chacun y va de ses petites astuces !
Pour ma part, j'avais instauré la goutte de sirop de menthe sur le sucre dès le matin, ça m'aidait à limiter les nausées et du coup, je pouvais petit-déjeuner un petit peu, ce qui avait pour avantage de me caler l'estomac et je me sentais mieux que si je n'avais rien pu avaler du tout... J'avais pensé au thé au gingembre pour ses vertus anti-nauséeuses, bien connu des femmes enceintes mais je ne savais pas si c'était compatible avec un cancer hormono-dépendant !? Le Coca bien frais faisait son effet aussi parfois… Prendre un traitement préventif + bain de bouche m’avaient été prescrit pour éviter les aphtes mais j’ai préféré me passer également d’aliments acides (gruyère, noix, ananas…) ou épicés, relevés…
J’ai bu énormément ! j’avais l’impression de me rincer… sans doute c’était ce qui se passait le long de ma tuyauterie… de l’eau, des infusions, et aussi des potages de toutes sortes ! effectivement pas très chaud, le froid passait mieux que le chaud… Le manque d’appétit faisait que je mangeais peu mais plus souvent (grignotage) finalement que d’ordinaire. Et malheureusement, pas toujours des choses saines, je pense que j’ai compensé ces moments pénibles par des douceurs… d’où des rondeurs qui se sont installées ! aujourd’hui, un nouveau programme est d’actualité : continuer à perdre ces quelques kgs en trop et manger équilibré ! Bien dans ma tête, je dois aussi l’être dans mon corps…
Un cancer hormonal perturbe aussi l’équilibre tout entier mais ce n’est pas ça qui fait prendre un nombre important de kgs, c’est plus le fait qu’on se réfugie dans la nourriture-pommade et le stress, l’anxiété… chez moi, la fatigue ressentit n'a guère favorisé l’activité physique…
Chacun va réagir différemment pour passer ce cap !

Vous avez un témoignage concernant vos petites astuces pour supporter au mieux les traitements ?
Ou témoigner tout simplement de votre relation face à la nourriture pendant et/ou après les traitements dits lourds ?

cerOnac
"On ne voit bien qu'avec le coeur... L'essentiel est invisible pour les yeux"